
Plan d’Actions : Energies
C'est le domaine "énergies" qui était le premier objet de cette mission, avec comme déclencheur le montant élevé des factures d'électricité et de gaz....
1. Contexte énergétique de la Fonderie
Dans le contexte de construction en HQE®, la Fonderie espérait atteindre de très bons résultats en consommations énergétiques. Pour cela elle a deux atouts et une faiblesse :
- Les atouts :
- La qualité de la rénovation du bâtiment : isolation forte, chaufferie performante au gaz, ventilation double flux (avec récupération de chaleur)…
- La possibilité, à priori, de gérer précisément ses énergies grâce à une Gestion Technique du Bâtiment (GTB) depuis un poste informatique.
- La faiblesse : la configuration du bâtiment, une très grande « rue intérieure », héritée de la configuration initiale de l’usine, et une grande verrière, à l'entrée du bâtiment, qui sont des espaces à chauffer et éclairer.
2. Déroulement / Méthodes et outils
Les différentes phases de travail sur le domaine énergies ont été les suivantes :
- Formation personnelle : comprendre la Gestion Technique de la Fonderie pour l’électricité, le chauffage et la ventilation (un système centralisé qui permet de gérer depuis un seul ordinateur toutes les zones du bâtiment).
- Collecte de données : les données « haut niveau » sur la consommation ont été obtenues durant la phase de Bilan Carbone®. Il a été possible, également, de relever des états de compteurs électriques par zone, soit de façon automatique soit de façon manuelle.
- Analyse et actions :
- Le suivi des consommations :
Le fait même de suivre précisément les consommations d’énergie était déjà une première approche du Plan d’Actions. Outre le suivi mensuel, des suivis plus précis ont été réalisés :
- par zone lorsque c’était possible
- au sein même d’une courte période (3 semaines), au jour le jour
- entre la nuit et le jour (les consommations de nuit, en heures creuses pour l’électricité semblaient élevées).
Une analyse des consommations en « heures creuses » a du être lancée, car la consommation des samedis et dimanches dépassait la moitié de la consommation des autres jours !
- La meilleure prise en mains de la Gestion technique du Bâtiment
Pour plusieurs raisons, la Gestion Technique du Bâtiment était peu et souvent mal utilisée :
- Début de la prise en mains du bâtiment
- Découverte de l’outil
- Etendue des possibilités offertes par l’outil, d’où une difficulté à se focaliser sur l’essentiel
- Manque de connaissances sur le domaine « ventilation »
- Manque de documentation (un seul document générique de 7 pages)
- Difficulté à distinguer les vrais problèmes du bâtiment : plus de trente « alarmes » ou défaillances étaient remontées quotidiennement par la GTB.
Les actions engagées pour améliorer la prise en mains de la GTB ont été de :
- pratiquer et surtout faire pratiquer le plus possible,
- faire un état des lieux des problèmes rencontrés avec les techniciens, et les remonter aux entreprises concernées (gestionnaire des fluides et société qui a mis en œuvre la GTB),
- négocier les actions correctives avec lesdites entreprises, et principalement la venue de la société propriétaire de la GTB, pour une nouvelle formation sur site,
- accompagner cette formation, avec les techniciens / celle-ci a été intégralement enregistrée sur magnétophone numérique,
- rédiger des fiches d’utilisation de la GTB,
- valider ces fiches avec les utilisateurs.
- Les corrections sur la gestion des fluides (ventilation et chauffage)
En pratiquant la GTB et en échangeant avec la société qui a fourni ce système de gestion centralisée, nous avons engagé, après l’été, plusieurs modifications dans la gestion de la ventilation. Quelques actions ci-dessous illustrent cette démarche :
- abaissement des contraintes de températures en heures creuses. Ainsi, en été, on ne se force pas à rafraichir le bâtiment de nuit si la température ne dépasse pas 30°C.
- mise en place de programmes hebdomadaires sur certaines zones pour éviter les consommations inutiles le week-end et la nuit
- réduction de l’apport d’air extérieur dans la ventilation (on se forçait à réchauffer en permanence une très grande quantité d’air froid).
- Autres propositions et recommandations sur la « vie du bâtiment »
Quelques recommandations liées à la « vie » du bâtiment ont été faites au gestionnaire du bâtiment, pour diminuer encore les consommations :
- limiter du nombre de salles allumées le soir pour études, alors qu’il y a 1 à 3 étudiants seulement par salle (sensibilisation, puis réduction des possibilités d’allumer certaines salles).
- meilleure signalisation des interrupteurs (quelquefois difficiles à trouver).
- Abaisser encore la température dans la rue intérieure : même si le bâtiment est couvert, il est normal de devoir rester en manteau en hiver, ce qui n’était pas le cas en 2007-2008.
- Abaisser la consigne générale de température dans les zones occupées : passer de 21°C à 20°C puis 19°C (température réglementaire dans les bâtiments publics). En phase de rodage, et avec une faible connaissance de la ventilation, cette approche pose problème dans plusieurs endroits (sensation de froid, surtout près du soufflage).
3. Résultats
Les valeurs de consommation en électricité et gaz sont la propriété de la Fonderie. La mission a permis d'avoir un recul sur deux ans pour les consommations de deux mois d'hiver :
- Pour l’électricité, les consommations ont peu évolué à la rentrée, mais la tendance est très favorable en fin d'année (réductions de l'ordre de 20%).
- Pour le gaz, le gain sur les deux premiers mois est spectaculaire : -29%. Ce résultat est à mettre au crédit de la mission et des techniciens ; il faut le modérer avec une variation climatique de l’ordre de 1°C sur Mulhouse d’un automne à l’autre, et le fait que le bâtiment, avec un an d’âge, a perdu de son humidité.

